Disney Play : Description de la plateforme et notre avis

Dans les locaux de la Walt Disney Company, l’idée d’avoir une propre plateforme de streaming émergeait déjà depuis quelques années, avec le rachat d’une partie de BAMTech. En effet, la montée en puissance de Netflix, les chiffres perpétuellement en baisse de la chaîne ESPN, la place toujours plus importante de la VOD dans les offres vidéos, des rumeurs concernant le rachat de Netflix par Disney, la participation de TWDC dans Hulu… Tout cela n’est qu’une longue gestation avant la naissance de Disney Play, dont le titre n’est d’ailleurs pas définitif. Petit aperçu de ce que proposera cette prochaine plateforme de streaming.

Le catalogue probable

Avant toute chose, il est bon de rappeler l’incroyable richesse que s’est constituée The Walt Disney Company au fil des décennies. L’entreprise est née avec les cartoons sur Mickey Mouse, puis les Silly Symphonies, s’ensuivent des séries de cartoons, qui perdurent toujours. C’est en 1937 que sort le premier long-métrage d’animation avec Blanche-Neige et les Sept Nains. L’entreprise se lance en 1950 dans les films Live (des films avec de vrais acteurs) avec L’Île au Trésor. En 1984, la filiale Touchstone Pictures est créée avec Splash pour pouvoir produire tout type de films et non plus que du cinéma familial. Toujours dans cette lignée, c’est Hollywood Pictures qui est créée en 1990 avec la sortie de Arachnophobia. En 1993, le studio Miramax Films est racheté par Disney, ils produiront ainsi Pulp Fiction, Scream, Scary Movie, Chicago, Kill Bill, Neverland ou encore, Sin City et lanceront ainsi la carrière de Tarantino en grande pompe. L’année 1995 est marquée par le rachat d’ABC (comprenant la chaîne sportive ESPN) avec un catalogue de séries déjà conséquent, enrichi par des téléfilms et des documentaires sportifs. En 2004, les Muppets sont estampillés Disney et plusieurs films et séries seront alors lancés. En 2006, après des tensions dans la distribution des films Pixar, Bob Iger, récemment arrivé au poste de PDG, décide de racheté le studio à la lampe. En 2009, c’est Marvel Studios qui est racheté, suivi de Lucasfilm en 2012/2013. Entre temps, Miramax est revendu en 2010. Cette vague de rachat atteint son apogée l’année dernière, lorsque Disney annonce le rachat des principaux actifs de la 21st Century Fox pour une fusion qui devrait se finir en 2019.

Même si The Walt Disney Company devrait miser gros sur Disney Play, tout leur catalogue ne devrait pas figurer au sein de cette plateforme d’après les premières informations communiquées. Voici de quoi devrait être composé ce catalogue :

– Les films d’animations Disney et Pixar : Normalement, tout les cartoons et classiques Disney, productions de Disney Toon ou les Pixar devraient figurer sur cette plateforme. Deux doutes peuvent tout de même se présenter : le cas des court-métrages de propagande (produit lors de la Seconde Guerre Mondiale) et celui de Mélodie du Sud.

Pour ceux qui ne le savent pas, Mélodie du Sud est un film sorti en 1946, qui mélange séquences d’animation et prises de vues réelles, comme Mary Poppins. Cette production a même une attraction culte qui lui ait dédiée, Splash Mountain (présent à Disneyland Resort, Walt Disney World et Tokyo Disneyland). Cependant, le film offre une vision colonialiste de l’Amérique et certains ont donc fortement critiqué le racisme qui se dégage de l’oeuvre. Pour étouffer la polémique, Disney a décidé d’enterrer un peu ce film, qui n’a jamais profité de sortie DVD ou Blu-Ray. Il est à noter que d’autres œuvres de la même période ont souffert de ces critiques, comme Autant en Emporte le Vent ou Tintin au Congo, mais leur distribution continue aujourd’hui. Il y a donc un gros point d’interrogation concernant la présence de ce qui est à ce jour, le seul long-métrage de The Walt Disney Animation Studios n’ayant pas reçu une distribution en DVD.

– Les films Live : La majorité des films Live Disney devraient figurer dans ce catalogue, qui irait de L’Île au Trésor à Maléfique en passant par Pirates des Caraïbes, Les Robinsons des Mers du Sud, Tron ou Un Amour de Coccinelle. Il y aura surement une exception faite pour Les Yeux de la Forêt ou La Foire des Ténèbres, dont les tons horrifiques sont assez présents. 

– Les séries Disney/Disney Channel/Disney XD : Que ce soit Disney Tous en Boîte, Violetta, Raven, Zorro ou La Bande à Picsou, toutes ces séries devraient être présentes sur Disney Play.

– Les documentaires de Disneynature : Ils devraient tous être présents.

– Les films de Marvel Studios : Tout les films du Marvel Cinematic Universe devraient être présents. Il y a cependant deux doutes qui se pose concernant L’Incroyable Hulk et Spider-Man-Homecoming. Le premier a été produit et distribué par Universal mais fait partie du MCU (on se demande d’ailleurs toujours pourquoi car le film n’a rien faire dans cet univers, d’autant plus que l’acteur jouant Hulk n’est pas le même acteur qui interprète le personnage dans le reste de la saga). Pour le second, c’est Sony qui a distribué le film mais il est fort possible que Disney trouve un terrain d’entente pour l’avoir sur sa plateforme.

– Les séries de Marvel Studios : Alors que des séries comme Agent Carter ou Les Agents du SHIELD seront présentes, la chose est plus complexe pour Daredevil, Jessica Jones ou The Defenders. En effet, ces séries sont assez violentes et ont apparemment peu leur place sur une plateforme familiale. Le deuxième problème concerne les droits de ses séries qui ont été co-produites par Netflix. Dès lors, est ce que ces séries peuvent être présentes sur ces deux plateformes ? La question est la même pour les séries Cloak and Dagger (déjà distribué sur Prime Vidéo) et The Runaways (distribué sur Hulu).

– Les films Lucasfilm : Tout les films des sagas Star Wars et Indiana Jones devraient être présents. Des points d’interrogation sont tout de mêmes posés sur les autres productions du studios tel que THX 1138, Labyrinthe ou Willow.

– Les films de Touchstone Pictures et Hollywood Pictures : Une grande partie du catalogue devrait être présent, hormis les films Rated-R. Sister Act, Esprits Rebelles, Pretty Woman, La Proposition, Armageddon, Pearl Harbor et Le Cercle des Poètes Disparus devraient donc faire partie du catalogue.

– Les productions ABC et ESPN : Une grande partie des séries ABC devraient figurer sur ce catalogue, surtout celle qui sont récentes tel que Good Doctor, Once Upon A Time et Grey’s Anatomy. Cela est moins sûr en ce qui concerne les téléfilms produit par ABC ou ESPN.

– Les films et séries de 21st Century Fox : Dès l’ouverture de la plateforme, la majorité du catalogue devrait être présent avec des films tel que Avatar, Titanic, Anastasia ou encore La Mélodie du Bonheur. Seul les films en Rated-R tel que Deadpool ou Predators ne devraient pas être présents. Ceux-ci seront surement placés sur la plateforme Hulu dont TWDC a acquis la majorité des actifs. Les films Blu Sky devraient être aussi présent bien qu’aucun communiqué n’ai été fait à ce propos.

– Les productions de Disney Play : A l’instar de Netflix et Prime Vidéo, Disney va produire environ 5 films par an et des séries pour cette plateforme. Pour les débuts de la plateforme, on devrait retrouver un film sur Don Quichotte, un remake de La Belle et le Clochard, un remake de Merlin l’Enchanteur, Magic Camp, Noelle, des séries Marvel (les premières seront centrées sur Loki et la Sorcière Rouge), une série High School Musical, une série animée sur Monstres & Cie et le projet le plus prometteur, une série Star Wars dirigée par Jon Favreau et d’un budget de 100 millions de $.

Notre avis et nos espérances sur Disney Play

En tant que fans, nous ne pouvons qu’être excité à l’idée de retrouver tout le catalogue de Disney sur une même plateforme !  D’autant plus qu’il sera possible de voir de nombreuses productions exclusives, qui nous tardent de découvrir. Disney a affirmé que l’abonnement coûtera moins cher que sur Netlfix, et les experts mises sur un abonnement à environ 6€ par mois. Cependant nous émettons déjà quelques craintes concernant cette plateforme…

La première concerne les productions de films pour la plateforme, nous espérons que celle-ci seront aussi ambitieuses que des films qui sortent en salle, car au vu du casting de La Belle et le Clochard, c’est plutôt un film Disney Channel qui se profile. Pour rappel, Netflix avait tout de même casté Tilda Swinton et Jake Gyllenhaal pour son (très bon) film Okja !

Notre deuxième crainte concerne le fait que des films en Rated-R ne soit pas sur cette plateforme. D’abord, Disney se prive d’excellents films et séries de son catalogue comme Sixième Sens, Aliens, Fight Club ou American Horror Story. De plus, Disney ne devrait pas viser que les familles mais tout les publics car ils en ont véritablement les moyens et leur nom n’en gagnerait qu’en prestige. Un système simple de contrôle parental, de code ou de paramètres pourrait régler le problème des productions en Rated-R et le jeune public ne serait ainsi pas exposé à ces œuvres.

Concernant nos attentes, nous espérons avant tout que Disney mettra le maximum de son catalogue sur cette plateforme. Nous ne pouvons qu’espérer que Disney trouvera un moyen pour proposer les films Ghibli (distribué par Disney dans de nombreux pays) et que les productions de Disney World Cinema et UTV (propriété de TWDC) seront accessibles à tous les pays pour faire connaitre d’autres types de production tel que Bollywood. Concernant Miramax Films, c’est toujours une revente regrettable, mais il est certain que ces films ne seront pas sur la plateforme. Enfin, au vu de la complexité de certaines sagas/univers, nous espérons que Disney trouvera un moyen intuitif pour classer leur œuvres. Ainsi, mettre au même niveau Iron Man 2 et X-Men : Le Commencement pourrait faire perdre la tête aux novices qui souhaiterait découvrir les productions Marvel.

En conclusion, nos attentes sont vraiment élevées pour cette plateforme, nous espérons y retrouver des productions Disney rares et méconnues, et on a hâte de passer des heures devant la prochaine série Star Wars ou devant les futures productions de la plateforme, en espérant de la qualité. Bien entendu, nous vous proposerons des critiques de ces futurs films et séries quand ils seront disponibles.